| Sur ces contrôles radiologiques tardifs, plusieurs éléments peuvent être notés :
L’absence de réaction inflammatoire de la muqueuse sinusienne traduisant ainsi la parfaite intégration de la greffe. Ceci est confirmé par la bonne
tolérance clinique : nous n’avons jamais noté depuis 10 ans, une
quelconque perturbation de la physiologie sinusienne.
L’absence de résorption osseuse. Ceci est probablement lié à la mise en
fonction de la greffe par les implants.
Discussion
Dans le cadre des comblements sous-sinusiens, certains auteurs utilisent différents biomatériaux seuls ou en association. Ces biomatériaux ont en commun : l’absence d’effet ostéoinducteur, un effet ostéoconducteur sujet à débat du fait du volume du site à greffer. Ainsi, si les xénogreffes d’origine bovine entraînent pour certains une ostéoformation, pour d’autres en revanche, les observations histologiques des sites greffés n’ont montré aucun signe de formation osseuse.
Nous utilisons de façon exclusive depuis dix ans de l’os autogène pour les raisons suivantes :
Le prélèvement osseux ne constitue pas un acte chirurgical majeur. Lorsqu’il s’agit d’os pariétal crânien, sa durée de réalisation est de 40 minutes en
moyenne et il nécessite une hospitalisation variant de 24 à 48 heures.
Le site à greffer est une cavité
Dont le volume est important
Dont la constitution des parois (os cortical maxillaire et muqueuse
sinusienne) ne permet pas d’entraîner un phénomène d’ostéoconduction, à
l’inverse par exemple d’une cavité d’extraction. L’ostéogenèse nécessitera
donc un phénomène d’ostéoinduction, et le seul matériau capable
d’entraîner cette ostéoinduction est l’os autogène.
Les études portant sur la biologie des biomatériaux montrent que la
réhabitation de ceux-ci est sous la dépendance de la présence des Bone
Morphogenetic Protein ou BMP. Elles sont présentes en quantité
insignifiante dans les allogreffes et absentes dans les xénogreffes d’origine
bovine.
Enfin, de nombreux auteurs s’accordent sur le fait qu’une greffe autologue
doit être préférée chaque fois que cela est possible en raison des risques
immunitaires et infectieux que véhiculent les xénogreffes.
Conclusion
Les techniques de greffes osseuses maxillaires en chirurgie pré-implantaire permettent d’accroître les indications d’implantation chez les patients motivés qui présentent un déficit osseux maxillaire. Le matériau de référence reste pour nous l’os autogène. Ces techniques doivent être maniées avec prudence, dans un bloc opératoire, par un chirurgien rompu aux techniques de prélèvement et de greffe osseuse et susceptible d’assumer les éventuelles complications infectieuses qu’elles peuvent entraîner.
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